L’hétéronormativité à l’épreuve du langage : littératie et enjeux contemporains – Partie 2/3 – Différence, domination et performance dans l’usage du langage genré.

Article originellement écrit pour la Revue Minorités Lisibles de l’Université de Montréal (2017)

Photographie : Eel series (de la série Anguille), Venice, 1978 – Francesca Woodman

Dans la première partie de cet article je posais la question suivante :

Le fonctionnement normatif du langage peut-il être transformé et utilisé au profit des enjeux féministes contemporains et d’une agentivité des femmes au travers de la langue par soi et pour soi?

Ici, en mettant l’accent sur les paradigmes de la différence et de la performance dans l’usage du langage par les femmes et les victimes de violences sexuelles, nous verrons comment il est possible de subvertir les codes pour se réapproprier un langage (la langue française ici) pour une reprise de pouvoir féministe. L’ensemble de cette recherche se base sur une vision futuriste de la langue et un positionnement féministe clair : la langue appartient à toustes et il n’est pas de règles formelle nous obligeant à l’utiliser selon les normes de l’oppresseur dominant soit les institution de régulation des langues et les sociétés patriarcales. 

  1. Langage, genre et normes : un déséquilibre des pouvoirs

Dans son ouvrage Les mots et les femmes (1992) Marina Yaguello s’applique à répertorier les modes de discours féminins et masculins de manière à mettre en mots ce qu’elle nomme une “sociolinguistique de la condition des femmes”. Par là, elle entend lister les aspects de la langue qui concernent directement les femmes, autant du point de vue de la mise en pratique de l’expression de soi que dans la minimisation publique de leur parole. Jusqu’aux premières approches féministes du langage, les pionniers  de la linguistiques avaient déjà remarqué des différences dans les modes de discours féminins et masculins. Je précise ici que c’est une catégorisation qui a fait sa place dans les études universitaires mais que dans une vision réaliste de cet enjeu et de la déconstruction des limites de genre, cela peut être vu comme une considération réductrice.

Afin d’aborder ce sujet de la manière la plus claire possible, j’ai choisi de me référer au champ des études issues du courant des Gender et Langage Studies. De ces recherches menées au cours des années 80 jusqu’à aujour’hui, ont émergé successivement trois paradigmes (Greco et Chetcuti, 2012) : différence, domination et performance.

Le paradigme de la différence

D’une part, et pendant très longtemps, le paradigme de la différence domine. Les pionniers de la linguistique Otto Jespersen (1922), William Labov (1966) et  Peter Trudgil (1972) contribuent à développer cet argumentaire (Yaguello 1992; Arnold, 2008). Aujourd’hui critiqués par les féministes, ces chercheurs fondent leurs conclusions sur une image homogène des femmes vues comme un groupe social indifférencié destiné à régner sur les domaines domestiques et maternels (Arnold, 2008).

Selon eux, il existerait une différence naturelle entre la manière dont les hommes  parlent et pensent. Aussi, les hommes seraient détenteurs d’une créativité leur permettant de transcender le langage, ainsi capable d’enrichir grâce à cela ses formes langagières. Ces différences seraient aussi biologiques, même si liées à des processus de socialisation des rôles et des rites culturels. Luca Greco souligne le caractère “stéréotypique et réifiant” de ces études (Greco et Chetcuti, 2012). On peut y lire que les femmes sont bavardes, qu’elles parlent trop, qu’elles sont des moulins à paroles tout autant que leur caractère conservateur les entraîne à ne pas aborder des sujets sérieux. On apprend que les femmes ne jurent pas, qu’elles excellent à la politesse, qu’elles ne savent pas parler politique mais que “parler chiffon” leur est très simple (Yaguello, 1992). L’image sociale de la femme polie serait, pour Yaguello liée à “l’incapacité de s’affirmer, de dire ouvertement ce que l’on pense, de réclamer son dû, de donner des ordres” (Ibid., p.44).

Marina Yaguello relève dès 1978 (Yaguello,1992 )plusieurs éléments de discours participant au sexage (Greco et Chetcuti, 2012) des femmes à travers la socialisation primaire et l’apprentissage de  la langue dans des contexte éducatifs sous-tendus par le paradigme de la différence :

  • Les registres féminins et masculins : les registres sont des catégories de langues composés du vocabulaires assignés selon le genre, mais aussi des tabous, et des sphères sociales. Ils agissent comme des conservateurs des rôles et permettent de réguler ceux-ci. Le registre féminin comprend notamment les euphémismes, un réflexe de minimisation de la vision du monde des femmes vue comme “une caractéristique de la bien-pensance, une façon de conjurer le sort” (Yaguello, 1992, p38-39). En ce qui concerne le registre masculin, elle parle de “registre réservé” (Ibid., p.58) pour autant qu’il est fermé aux femmes en public ou avec des hommes : le langage grossier, celui du sexe, l’argent, la politique et autant d’autres sujet dits tabous. Ce registre mâle théorisé ainsi peut être assimilé à ce qu’on appelle aussi un “parler mec” ou “locker talk” ; expression popularisée en 2017 avec les révélations des propos misogynes et violents du président américain Donald Trump. Au coeur du registre masculin existe dans beaucoup de culture un “folklore sexuel” (Ibid., p.42) allant de la blague graveleuse aux chansons douces, contes  et autres légendes, chacun nous renvoyant “le plus souvent une image dégradée de la femme” (Ibid.)

 

  • L’hypercorrection : Cela consiste en l’assimilation excessive du modèle langagier dominant. Le fait que les femmes corrigent leur propre langue afin de correspondre aux normes prévues pour elles participe à la formation des registres. Dès l’enfance, on réprimande plus souvent les petites filles qui jurent que les petits garçons qui s’éloignent un peu du droit chemin. La féministe critique Shulamish Firestone déclare en 1970 “ Les hommes ont le droit de blasphémer et d’injurier le monde, parce que le monde leur appartient” (Firestone dans Yaguello, 1992, p.44)

 

  • Le comportement langagier : Ce comportement se compose de compétences lexicales dont la force et l’étendue du vocabulaire influent sur la valorisation et la visibilité de l’individu. La distribution genrée de ces compétences de langage a un impact sur la place de chacun dans la société, car c’est aussi une question de représentation en termes Par exemple, et selon les stéréotypes décrits par Labov (1966) et Trudgil (1972), les compétences des femmes les dirigent plus directement vers des places domestiques de par leur parler standard, tandis que celles des hommes les amènent vers des positions professionnelles à fortes responsabilités grâce à leur langue de prestige (Arnold, 2008).

Le paradigme de la domination

Luca Greco est l’un de ceux ayant développé le paradigme de la domination. Ce dernier laisse entendre l’existence d’un système hiérarchique dans lequel les hommes dominent, aussi bien les femmes que la langue. Greco fait le lien entre le genre et la langue de manière on ne peut plus claire  : “La domination exercée par les hommes sur les femmes se reflète dans le langage tel qu’il est parlé par les femmes et tel qu’on l’utilise pour parler des femmes” (2014, p.16). C’est aussi un point qui se révèle malheureusement fort vrai dans les contexte judiciaires ou professionnels, dans l’affirmation des femmes de leur compétences, de leurs témoignages ou de leurs discours personnels privés. L’histoire de la littérature le montre aussi très explicitement. Les ‘maîtres’ de la littérature française, quels que soient leurs exploits narratifs, ne se sont pas privés d’infantiliser leurs personnages en usant des registres féminins. Ces mêmes mâitres sont encore aujourd’hui enseignés en tête de file des auteurs à lire et à connaitre tandis que des immenses écrivaines sont relégués en livres optionnels malgré leurs efforts admirables à user d’une langue plus ouverte et moins basée sur la différence des genres.  Cette domination sexiste de la langue va de pair avec une vision occidentale et stigmatisante des auteurs et autrices racisé.es qui eux-aussi demeurent quasi absents des listes d’ouvrages à étudiés en langue française.

Parce que de la langue découle une matérialité, les conséquences du patriarcat et des réflexes d’exclusion racistes dans les mécanismes du langage provoquent un sexage (Ibid., p.12) des femmes par la langue, sous la forme d’une voie dessinée pour elles afin qu’elles se rendent plus aisément aux rôles qui leur sont destinés. Notamment par le fait que les hommes à travers l’histoire sont garants de la langue, par le pouvoir que cela leur confère, “la maîtrise de la parole, de la parole signifiante, assertive, fonctionnelle, est donc un instrument d’oppression mâle comme est l’instrument d’oppression de la classe dominante” (Yaguello, 1992, p.63).

L’insertion et l’implémentation des pensées intersectionnelles dans la déconstruction des processus langagiers d’identification et d’individuation doit se faire de la première étape du travail jusqu’à la dernière. Sans cela, nous perdons de vue une réalité criante : les institutions qui régissent les langues françaises en serrant la corde du genre autour de nos cous sont les mêmes qui sont réticent à décoloniser la langue et les représentations. Le paradigme de la domination par la langue est un des plus clairs autant qu’il est l’un des plus difficile à démonter par une pensée strictement théorique. C’est par la reconnaissance critique de cette pensée transformée en lois et en normes que nous pourrons y répondre nous aussi par une nouvelle pratique de la langue non plus théorisante mais transformationnelle d’un état de parole collectif, féministe et non-binaire.

Le paradigme de la performance

Avec la prise de force des Gender Studies dans les années 1980, les notions de fluidité du genre, de non-binarité ainsi que de l’avènement théorique de la pensée queer (Mead, W.Scott, Butler) les nouvelles potentialités du langage acquièrent de plus en plus de visibilité. Ces notions évoluent dans un objectif de déconstruction des normes du système de domination vu plus haut, et ce dans tous les domaines de son effectivité.

S’agissant du langage, le paradigme de la performance, influencé par les études féministes de la troisième vague (entre le post-féministe et le féministe cybord-futuriste), induit que la domination masculine et l’hétéronormativité seraient notamment “l’effet de pratiques discursives” (Greco et Chetcuti, 2014). Par pratiques discursives, les deux auteurs entendent un agrégat de formes langagières composant in fine un discours globalisable. Autrement dit, par l’acte de performer le genre, de le faire prendre de nouvelles formes et de nouveaux fonds, consciemment, il serait possible de subvertir le sens et la portée du langage. 

Au travers de plusieurs ouvrages (1990 ; 1997 ) Judith Butler développe une théorie de la performance des genres en tant qu’elle considère ces derniers comme des constructions formelles d’identités et de catégories sociales (Butler dans Jami, 2008, p.208). Chez Butler, la performance du genre a deux facettes.  D’une part, l’individu performe son genre en se conformant aux codes associés au genre que la société lui attribue généralement. Ces codes correspondent aux normes hétérosexuelles et aux catégories de genre binaires hommes/femme, masculinité/féminité. D’autre part, il existe une agentivité de la performance que Butler décline sous le terme de “performativité”, une potentialité d’action du sujet sur sa propre individuation genrée ou non.

Elle propose une analyse critique des fondements des genres selon le postulat que les normes constitutives des identités découlent des discours véhiculés par les formations de pouvoir, ces dernières étant ancrées dans le système hétéronormatif (Ibid.). En ce sens, elle définit la performance de genre comme “la technologie grâce à laquelle toutes les positions de genre (hétérosexuelle comme homosexuelle) sont produites” (Beatriz Preciado, citée dans Bourcier, 2001).

Je suis tentée d’ajouter ici que depuis Butler et ces ouvrages fondateurs, de nombreux.ses autrices et auteurs trans notamment ont ajouté un savoir essentiel à la zone grise existant ici : le spectre de la performance est large, s’étend de la stricte hétérosexualité jusqu’à l’homosexualité, mais l’ensemble de la ligne d’individuation doit être prise en compte dans une remise en question des paradigme de la différence et de la domination. L’homonormativité comporte ses propres codes de performativité qui peuvent, dans la langue et dans la socialisation par elle, devenir excluantes. 

Cette conception de la performance du genre se manifeste sous diverses formes : de la performance physique (à travers une forme de conformité vestimentaire ou esthétique)  jusqu’à l’adoption de codes de représentation de soi basés sur les éléments binaires constituant les catégories de genre.

La performativité du genre s’inscrit dans une prise en main de la performance de soi. Autrement dit, cela signifie une subversion consciente des normes tendant vers une réappropriation de son identité (Jami, 2008, p.207-2010).

En fait, Butler déconstruit l’idée d’une naturalité de l’identité de sexe (venant ainsi porter un coup fatal au paradigme de la différence porté par les pontes des études linguistiques de genre) de statut biologique fixe et immuable censés fixer ce que veut dire en soi le « genre ».  Il existe au sein du système normatif, des normes naturelles (comme les normes d’hygiènes d’aller faire ses besoins par exemple) et des normes culturelles (comme celle de séparer les toilettes des hommes et des femmes). Ces normes sont sujettes à transformation et surtout à transgression. Ceci dit, parce que les normes  vont de pair avec une pensée hétéronormative hégémonique inscrite dans nos démocraties, ces actes de transgression sont intrinsèquement en contradiction avec le pouvoir en place. Le langage, parce que historiquement influencé par ces normes traditionalistes, participe à la perpétuation de la conception biologique des genres/sexe.

C’est pourquoi interroger les formes de langage héténormatives revient à questionner le mode de fonctionnement hétéropatriarcal et raciste de nos sociétés. De plus, d’un point de vue féministe, c’est une remise en question de ce système en partant du principe qu’il participe aux procédés oppressifs des individus touchés par la domination masculine. Or, dans cette pensée, quiconque n’étant pas homme blanc hétérosexuel est alors positionné au dessous des normes, soumis aux normes. Cependant, les normes, codes et valeurs nourries par le système et se nourrissant par lui  sont un poids pour tous. Il existe en fait une sorte de préjudice collectif de la langue, dont il est possible de se libérer notamment par des  actions personnelles, dont une réappropriation du langage fait partie. Nous verrons dans la prochaine section réflexive de cet article comment les actes de langages performatifs en sont un point d’ancrage.  Les actes de langage sont des processus conscients ou inconscients de prise de parole verbale ou non-verbale s’insérant dans une volonté d’agir par la langue.  Le cas des témoignages de masses d’agressions sexuelles en ligne #metoo sera utilisé pour mettre en avant ces actes et ces décisions de ré-individuation des victimes de viol par l’usage de langage de l’oppresseur pour le dénoncer. 

Bibliographie

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