Collages Féministes à Montréal – Valeurs & Objectifs d’une initiative collective

Le premier collage féministe est apparu sur les murs de Montréal en mai 2020, mais l’idée a fleurit et se construit dans les esprits des deux pionnières depuis fin 2019 pour travailler les valeurs et le concept de ces collages inspirés de l’inititative française commencée au cours de l’été 2019.

Le collectif suit une logique de rassemblement intersectionnelle (voir définition de l’intersectionalité ici) non opressive, inclusive et anti-TERFs. Autrement dit, seuls les hommes cisgenres ne sont pas invités rejoindre le mouvement. Les colleu.ses. de Montréal se veut un projet conû aussi comme un safe-space pour la rue, acceuillant les personnes travailleur.ses du sexe comme les autres, dans la mesure ou les idées féministes du collectif tendent à rassembler plutôt que diviser au sein des féminismes divers et nécessaires à l’évolution de la société dans une vision à long terme de la convergence des luttes sociales et pour les droits des femmes. 

LIRE : La mobilisation des Françaises contre les féminicides

Déclaration officielle du mouvement des Colleux.ses. montréalais.es :

Le mouvement des colleuses féministes de Montréal reconnaît être sur la terre non cédée de Tio’ta:kié. Notre mouvement est résolument intersectionnel et se compose de membres de tous horizons, à l’exception d’hommes cisgenres. Nous nous sommes donné pour mission de dénoncer, par le collage de rue, toutes les formes de discrimination que notre société patriarcale fait subir à ses citoyen.nes. Armé.es de nos seuls pinceaux, nous nous réapproprions les rues de Montréal à l’aide de slogans choisis en toute collégialité. Sans chef.fe ni hiérarchie, nos valeurs nous collent à la peau et aux murs de notre ville.

Le collectif montréalais est en conversation avec les Colleur.euse.s de Lyon depuis le début pour des questions de structures de collectif à la gestion horizontale, gestions de nouvelles personnes arrivant.e.s, questions juridiques, police, féminisme, ainsi qu’à propos de la naissance du mouvement en France. Le mouvement se veut antiopressif et non-violent :

Nos actions se veulent anti-oppressives, ce qui veut dire que nous voulons dénoncer toutes formes d’oppressions qui touchent les citoyens.nes de notre société, et ce, en considérant que chaque situation est valable et légitime. Les oppressions sont créées et maintenues par le système patriarcal et capitaliste qui nous entoure, dans le but de créer et maintenir des privilèges et pouvoirs à un groupe de personnes (hommes blancs cisgenres valides). Ainsi, si un groupe ayant le pouvoir de gouverner notre société est privilégié, d’autres groupes sont conséquemment discriminés et opprimées, ce qui vient créer des inégalités et injustices sociales. Concrètement, les formes que peuvent prendre les discriminations sont nombreuses et leur existence se basent sur des caractéristiques telles que :
• l’appartenance culturelle, spirituelle, religieuse (racisme, islamophobie)
• les peuples autochtones (colonialisme, post-colonialisme, racisme)
• l’âge (âgisme)
• l’appartenance à une classe économique et le niveau d’éducation (classisme)
• les capacités physiques, intellectuelles et psychologiques (capacitisme/validisme)
• l’apparence physique (grossophobie)
• l’identité sexuelle (transphobie)
• l’orientation sexuelle (homophobie)

Par notre vision intersectionnelle, nous reconnaissons que plusieurs oppressions peuvent s’entrecroiser et se superposer pour une même personne et qu’ainsi, chaque réalité est singulière et mérite d’être entendue. Comme ces oppressions ont été construites et maintenues par le système, c’est en les dénonçant et en éveillant des consciences que leur déconstruction peut se voir possible. »

Déclaration officielle du collectif de collages féministes de Montréal.

Une des colleuses du collectif montréalais a accepté de répondre à mes questions de manière anonyme. Je lui ai demandé ce qui l’a poussé à intégrer le mouvement.

« J’ai découvert que le collectif existait par le biais du livre clit revolution- manuel d’activisme féministe sorti le 7 mars dernier à Paris. J’y ai trouvé de nombreuses référence et ressources dont le fait qu’il y pouvait y avoir des groupes de Colleur.euse.s – puis en cherchant je suis tombé sur celui de Montréal qui venait tout juste de s’ouvrir. »

R, une Colleuse de Montréal

Elle s’est aussi confiée sur les raisons derrière son engagement féministe :

« Un besoin d’agir pour contribuer à l’évolution des pensées collectives, de m’exprimer et de m’engager en tant que femme pour les personnes trans, femmes et personnes non-binaires – Continuer à m’éduquer tout en agissant afin de sensibiliser un public de tout âge et horizon grâce aux murs – Contrecarrer les formats habituels d’expression afin de passer des messages vrais – honnête. Faire partie du mouvement féministe »

R., féministe montréalaise.

collage2

Un des points d’ancrage du mouvement est de trouver les bonnes formulations pour mettre en lumière les oppressions subies par les minorités et donc faire se poser des questions et faire évoluer les pensées.

On parle de sensibilisation, éveil, questionnement. Il s’agit de marquer les esprits sur la réalité que peuvent vivre les jeunes filles – les femmes – les trans – les femmes autochtones.

Deux points majeurs sont à retenir, le collectif des collages féministes de Montréal est non-mixteet privilégie l’horizontalité et l’anonymat dans le recrutement et le fonctionnement du collectif.

En effet,  » Le choix de ne pas inclure d’hommes cisgenre à notre mouvement afin de ne pas reproduire les dynamiques de domination qui existent dans nos sociétés. Nous souhaitons créer un espace sûr dans lequel nos membres se sentent libres de parler, réfléchir, exister. Ce mouvement nous appartient à nous, personnes trans, femmes et personnes non-binaires. Il est un espace dans lequel nos vécus et nos valeurs ne sont ni remises en question, ni appropriées, ni passées sous silence. Il n’est pas le lieu du débat stérile et de l’éducation mais du partage et de l’adelphité. C’est également une façon militante d’exister dans un monde du street art dont les représentants les plus connus et les plus vocaux sont des hommes cisgenre. »

Concernant l’horizontalité, l’idée sous-tendant se choix se positionne « dans l’optique de redonner le pouvoir à tous.tes les participant.es de ce groupe, nous mettons de l’avant un modèle de gestion autogéré plutôt hiérarchique »

Les colleuses soutiennent l’abolition des  » relations hiérarchiques dans le collectif afin de maintenir un espace sécuritaire entre les colleux.ses, que la force d’un groupe unis peut mener le collectif à un niveau inattendu et qu’une émancipation personnelle peut ressortir dans le choix de s’impliquer selon sa propre volonté. Le niveau d’implication peut être évolutif dans le temps et nous tenons à ce qu’aucune pression à prendre des responsabilités ne soit exercée sur les membres.

Dans ce mode de gestion, nous encourageons les initiatives de chacuns.es et de ce fait, la communication continue avec les autres membres du collectif. L’anonymat est primordial dans notre collectif pour différentes raisons. L’anonymat permet de nous protéger au niveau légal. C’est en camouflant nos identités.es personnelles que nous pouvons exercer nos actions en encourant moins de risques de traçage par la police.« 

collages5

Pour contacter le collectif : collages_feministes_mtl@protonmail.com

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